Style : L’école européenne du tatouage photoshop

© Jef Palumbo

© Jef Palumbo

Si vous tapez tatouage et photoshop dans un des barres de recherche du grand monde de l’internet, il y a de grande chance que votre moteur de recherche préféré vous sorte tout un ensemble de tutoriels et de bon plans pour réussir à incruster de manière réaliste de faux tatouages dans le portrait de votre grand-mère.
Mais comme vous vous en doutez surement, ce n’est pas ça dont je souhaite vous parler, non, non, puisqu’il s’agit bien de vrais tatouages, vraiment encrés dans la peau avec de vraies petites aiguilles dont il est question dans cet article.

Pourquoi ce terme de photoshop alors? Qu’est-ce qu’ont à voir les tatouages avec un logiciel?

Le nom vient tout simplement de la technique utilisée pour réaliser le design de ces tatouages : alors que la plupart des tatoueurs et tatoueuses travaillent traditionnellement leurs dessins (à la main, puis scannés afin d’imprimer le stencil) les artistes dont il est question ici utilisent des logiciels de création sur ordinateur, ce qui permet de donner une nouvelle dynamique aux dessins et aux tatouages.

Graphiques, souvent facilement reconnaissable à la superposition de plusieurs éléments, les tatouages de style photoshop sont aussi appelés collage numérique. Ca commence à faire sens?
Le style semble avoir pris ses racines d’abord avec l’émergence du Realistic Trash Polka (si si) du studio Buena Vista Tattoo Club en Allemagne.

Buena Vista Tattoo Club

Largement inspiré des arts de la rue et des graffitis, avec une prédominance de noirs en aplats, d’ombres très travaillées et de rouges vifs, le style Realistic Trash Polka pratiqué par Volko Merschky et Simone Pfaff est très immédiatement reconnaissable.

Mais lorsqu’on parle à la figure emblématique du tatouage photoshop Xoïl, c’est avant tout Jef Palumbo fondateur de la Boucherie Moderne (Bruxelles) qu’il cite comme source d’inspiration. Et effectivement, on retrouve chez les deux tatoueurs les mêmes couleurs vives, en aplats, en taches, en traits agressifs et la présence souvent de lettrages aux typographies travaillées. On trouve également une certaine fluidité dans le style, navigant de portraits réalistes aux illusions de gravures, en passant par des dessins très proches de l’art urbain.

Jef Palumbo

Chez Jef Palumbo les pièces sont lourdes, pleines de détails, avec de régulières références à la pop-culture et une présence prégnante de la couleur rouge – bien que ses pièces les plus récentes gagnent en clarté et privilégient un jeu de couleur plus simple.

Xoïl

Xoïl lui a développé un style plus aéré, immédiatement reconnaissable, avec un travail sur les noirs qui rappelle parfois la gravure. Sur certaines pièces les couleurs sont presque transparentes, avec des aplats mesurés et des choix de composition très géométriques.
Largement reconnu pour son talent et effectuant des guests à travers le monde le français, propriétaire du studio Needles Side (Thonon-les-bains) n’est pas l’artiste le plus accessible de l’hexagone et il semble par ailleurs avoir depuis quelques temps délaissé le style photoshop pour d’autres challenges et créations.

Pour aller plus loin.

Si vous aimez, vous aimerez peut-être également les tatouages très géométriques et construits de Seb, propriétaire du studio Inkme Tattoo à Perpignan.

Ou encore les oeuvres aux saveurs surréalistes de Toko Loren, qui a piqué à Needles Side aux côté de Xoïl avant de rejoindre l’année dernière le studio Genévois, La Brick.

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