Technique : le dotwork, au point compté

© Susanne König

Tatouage par © Susanne König

Quand on met les pieds dans le monde du tatouage, on est souvent assaillis de termes dont il est parfois difficile de comprendre le sens exact. A force de les entendre et de fouiller, on finit par un peu mieux appréhender ces bêtes étranges, qui définissent les styles, les écoles, les techniques de tatouages. Bien qu’il ne soit pas spécifique au monde du tatouage, le terme dotwork fait partie de ces mots que j’ai rencontré à mes premières heures, et dont j’ai découvert l’application concrète au fur et à mesure, d’artiste en tatouages.

Dotwork et expression graphique

Le dotwork n’est pas une école, ni même un style de tatouage à proprement parler, mais plutôt une technique qui peut être retrouvée dans plusieurs genres et types de travaux graphiques. Lorsqu’on s’intéresse aux dermographes, cette techniques est souvent exploitée par des artistes qui préfèrent les pièces monochromes (noirs et gris) et son rendu peut rappeler les pratiques traditionnelles et l’exécution des tatouages sans machine mécanique.

Comme son nom anglophone l’indique, c’est – très littéralement – un travail en points. Une technique qui n’est pas exclusivement propre au tatouage puisqu’on la retrouve également dans différents modes d’expression graphique, notamment dans l’illustration où certains artistes réalisent leurs dessins point par point. Le terme peut également rappeler l’école de peinture du courant pointilliste. Mais ne mélangeons pas tout : je m’y connais trop peu en la matière pour me permettre de hasardeux parallèles.

SM Bousille - Paris

Technique qui rappelle le tatouage sans machine, le dotwork est donc naturellement privilégié pour la réalisation de tatouages de type mandala ou encore de styles géométriques, notamment ceux inspirés des tatouages polynésiens. En tatouant point par point, elle permet à l’artiste de retrouver, autant que faire se peut, l’aspect esthétique traditionnel du handpoke.

Cependant, il s’agit avant tout d’une technique qui peut être utilisée dans des styles variés, même si elle est très largement et presque exclusivement utilisée dans les tatouages en noir et gris.

Les différentes utilisations du dotwork

On peut trouver du travail en dotwork sur des tatouages de genre et styles très différents, aussi bien graphiques et stylisés inspirés du oldschool ou de la bande-dessinée, que sur des pièces immenses aux influences réalistes.

Valentin Hirsch - Berlin

Car le dotwork n’est pas confiné à des styles d’inspiration traditionnelle et peut être combiné à d’autres techniques dans un même tatouage, pour travailler une zone précise, donner un rendu spécifique dans le travail des ombres ou des textures. Il donne souvent des gris et des ombres plus légers et fins que les autres techniques et peut donc être utilisés par des artistes au style réaliste et hyper travaillé.

Susanne König - Amsterdam

Mais le tracer point à point rappelle aussi par certains aspects la gravure, et le dotwork se retrouve également dans des tatouages au trait plus traditionnel, aux influences oldschool notamment.

Bicem Sinik - Instanbul

En tant que technique, que ce soit dans le domaine du dessin ou celui du tatouage, le dotwork est à la croisée entre un choix esthétique et une performance artistique. Ce type de travail offre un rendu spécifique qui se conjugue avec une exigence dans la réalisation technique.

Quels sont vos artistes dotwork préférés?
N'hésitez pas à partager vos coups de coeur
sur la page Facebook du blog.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s